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Belgique - Burkina Faso

DEVELOPPEMENT – Agroécologie avec la coopérative Teel-Taaba – Janvier & février 2021

Après les complications administratives, enfin résolues, le projet de maraîchage peut entrer dans sa phase de réalisation

 

Dans un précédent article, nous vous avions relaté les obstacles administratifs qui entravaient la mise en route concrète du projet de maraîchage que proposait la coopérative Teel Taaba et que nous envisagions de soutenir.
D’une part, il y avait une réforme de la législation burkinabé relative aux associations et coopératives qui exigeait une mise en conformité des documents; cela a demandé de la part des membres de la coopérative Teel Taaba, dont le siège est à Pissi, diverses réunions et la constitution de nouveaux statuts et d’un règlement d’ordre intérieur conformes aux nouvelles normes.
D’autre part, il y avait un problème de validité des signatures des actes de propriété du terrain concerné par le projet de maraîchage.
Ces problèmes ont été résolus en 2020, ce qui nous permet d’entrer dans la phase concrète de ce projet. Le 16 février 2021, les différentes parties ont pu signer le contrat de mise à disposition du terrain pour une durée de vingt ans.
Avec les membres de la coopérative, nous pouvons donc reprendre le dossier où nous l’avions laissé en juillet 2019, à la suite de leur demande de soutien.
 
 
A gauche, Adama Konseiga, Président du Comité de gestion de la SCOOPS/PM (Société COOPérative Simplifiée de Production Maraîchère) TEEL-TAABA et à droite, Issa Conseiga, Rapporteur de la Commission de surveillance de la même coopérative
Comme nous l’avions détaillé dans le numéro 3 de notre « Bulletin de Liaison » de septembre 2019, il avait été convenu de planifier notre intervention dans ce projet sur plusieurs années.  Notre association Béoogo Néere-Coopération Internationale (BNCI) s’était engagée a avancer, dans un premier temps,  les fonds nécessaires à la réalisation d’une clôture ceinturant la totalité de la parcelle. Nous avons donc repris le métré qui avait été dressé à l’époque et avons fait réactualiser et compléter les devis du coût des matériaux pour la clôture qui devrait avoisiner 2.010.500 FCFA, soit environ 3.064 €.
Cette clôture est absolument indispensable pour mettre les cultures à l’abri des animaux d’élevage qui « divaguent » librement dans la campagne, en saison sèche, en quête de nourriture. Dans cette région d’Afrique, contrairement à ce que nous pouvons connaître dans nos contrées, il n’y a pas de pâturages entourés de clôtures pour les animaux (bovins, ovins, ânes, porcs, volailles, etc). Tous ces animaux circulent partout, du matin au soir, à la recherche de tout ce qui peut se manger et ne rentrent chez leurs propriétaires respectifs qu’en fin de journée où ils sont certains d’avoir à boire.
En saison des pluies (de juin à octobre, soit des semailles jusqu’aux récoltes), les animaux sont maintenus dans des parcs ou attachés à des arbres ou des piquets pour éviter qu’ils ne ravagent les cultures dans les champs.
Avec le projet de maraîchage, les membres de la coopérative réalisent plusieurs rotations de cultures par an qui sont de plus diversifiées, ce qui fait qu’à n’importe quel moment de l’année, il y a toujours des plantations en cours à protéger des prédations animales.
 
 
Le Conseil d’administration de BNCI a marqué son accord pour l’avance financière destinée la réalisation de cette clôture. Ces fonds transiteront par le compte de notre partenaire local, l’ACPEA, qui se chargera de régler les frais des fournitures selon les besoins de la coopérative et à hauteur des devis communiqués. La réalisation pratique de la clôture sera effectuée par les membres de Teel Taaba qui ont déjà commencé l’aménagement du terrain depuis la mise à disposition officielle.
L’irrigation des prochaines cultures est aussi une préoccupation majeure des membres de la coopérative. Le terrain se trouve sur un plateau où il est difficile d’envisager une retenue d’eau alimentée par les pluies permettant d’irriguer les cultures pendant une grande partie de la saison sèche comme cela se fait généralement dans les bas fonds qui regroupent l’essentiel de la production maraîchère. Il faudra prévoir à court terme le forage d’un ou plusieurs puits et d’un système de répartition de l’eau pour permettre l’irrigation des différents parcelles des coopérants. Ceci est à l’étude et notre association reste très attentive à cette problématique.
Il nous a paru important de soutenir ce projet.  D’abord, parce que le projet s’inscrit dans un cadre très ouvert comme on peut le voir dans les statuts constitutifs de la coopérative Teel Taaba (voir l’article 9 dans l’encadré ci-dessous). Ensuite, parce que cette coopérative est très sérieuse; elle jouit déjà d’une longue expérience; elle a bien grandi et s’agrandit encore : ses 32 producteurs de Pissi pratiquent le maraîchage depuis plusieurs années sur une douzaine d’hectares loués, uniquement pour quelques mois par années, à quelques kilomètres de Pissi. 
 
 
Ces producteurs tendent aussi à introduire dans leur pratique des méthodes de cultures plus respectueuses de la nature tout en visant les meilleurs rendements possibles. Les statuts de la coopérative prévoient aussi la constitution d’un fond dégagé sur les excédents nets de production destiné à la formation, à l’éducation et à la sensibilisation aux principes coopératifs des membres.
Tous ces éléments vont dans le droit fil de ce qui nous semble, pour cette région, une forme d’agriculture raisonnée  en mesure de tendre vers l’autosuffisance alimentaire dans ce secteur maraîcher, avec un retour vers l’amendement des sols en réhabilitant les procédés ancestraux, de même pour ce qui est de la lutte contre les nuisibles. Notre association souhaite aussi être perçue comme une vitrine de ce qu’il est possible de faire, notamment pour la conservation des denrées (avec le grenier qui a été construit à Koukin) ou encore en ce qui concerne l’irrigation (avec les 400 m² de culture en goutte à goutte qui fonctionne à merveille depuis 4 ans au Centre Béeogo Néere et qui suscite toujours un grand intérêt de la part de la population).
Cette avance, que nous consentons pour l’heure à la coopérative Teel Taaba, se veut aussi comme un investissement dont, en parfait accord avec ses membres et les autres intervenants de Pissi, nous envisagerons le retour dans les formations qui se révéleront utiles à l’avenir, une fois que les fonds nécessaires auront été constitués comme prévu dans les statuts de Teel Taaba.
 
 
Les cultures diversifiées en goutte à goutte en activité depuis quatre ans avec de deux à trois récoltes par année
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