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EDUCATION – De nouvelles perspectives pour le Centre d’Education de Base Non-Formel de Pissi – Janvier 2021

Le CEBNF de Pissi a été créé il y a plus de 20 ans, à l’initiative de l’UNICEF, comme 111 établissements du même type sur tout le territoire du Burkina Faso pour dispenser des formations techniques.  Mais il est l’un des rares à être encore en activité.  Il y a 4 ans, face à des situations urgentes de plus en plus nombreuses, l’UNICEF en a remis la gestion au Ministère de l’éducation (MENA); celui-ci était déjà confronté à des difficultés pour financer l’enseignement ordinaire : il n’a pas pu prendre en charge les rémunérations des formateurs et les frais d’entretien du matériel et des équipements des sections techniques.

Depuis lors, Jeannot Apollinaire Douamba, le directeur du CEBNF de Pissi, tente d’assurer le maintien des formations pour lesquelles la demande est de plus en plus forte.

 

Depuis son indépendance, le Burkina Faso a misé l’essentiel de ses moyens sur son enseignement secondaire « général ».  L’enseignement technique et professionnel a été très peu organisé. Il n’a géré que quelques centres de formation et d’apprentissage dans les grandes agglomérations. Et il y a eu quelques écoles créées par des organismes privés ou des institutions internationales (comme les CEBNF). Depuis quelques années, le gouvernement burkiabé met en œuvre des projets d’Enseignement et de Formation Technique et Professionnelle (EFTP) dans le but de former des gens adaptés à l’évolution du monde et utiles pour l’économie et pour les entreprises du pays.
Il faut donc pouvoir proposer aux jeunes et aux adultes des formations leur permettant d’améliorer leurs compétences techniques et professionnelles afin de pouvoir s’insérer professionnellement, disposer d’un revenu décent et contribuer ainsi à une réduction durable de la pauvreté et du désœuvrement. Plus largement, l’intention des autorités est de dynamiser l’économie nationale en permettant aux entreprises, grâce à l’amélioration des compétences professionnelles des employés, d’augmenter la qualité de leurs produits et services, d’améliorer leur potentiel d’innovation et de compétitivité, et de passer d’une logique de survie à une logique de croissance. Mais pour tendre vers cet objectif, les moyens financiers du pays restent très limités d’autant plus que d’autres problématiques entrent en ligne de compte : démographie galopante, ruralité importante, alphabétisation insuffisante, etc.
Le CEBNF de Pissi propose actuellement deux formations principales, mécanique deux roues et couture, délivrant un certificat de qualification professionnelle (CQP) en 2 ans pour la première et 3 ans pour la seconde. Une formation complémentaire en confection de grillage et clôture agricole est aussi organisée en complément des deux autres formations.
 
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Roland Moens, en compagnie du directeur du CEBNF, dans la classe de couture
Les apprenants de la section couture avec l’uniforme conçu et réalisé par eux-mêmes
Le 18 février 2021, lors d’une rencontre au centre Béoogo Néere, le maire de Saponé apportait des nouvelles positives pour l’avenir du CEBNF de Pissi.
L’Etat a confié l’organisation du CEBNF à la Commune avec un subside de 3.000.000 de francs CFA pour garantir les rémunérations de formateurs pour un an, ce qui permet au directeur d’avoir son cadre éducatif complet. La Commune a aussi prévu la construction d’un bâtiment de deux classes pour la création de deux nouvelles formations : menuiserie et coiffure. Le budget pour ce projet est à voter en avril 2021 et le bâtiment devrait être opérationnel pour la rentrée scolaire d’octobre 2021.
D’un autre côté, le maire de Saponé, Monsieur Abdoulaye Compaoré, nous a indiqué être en discussion avec la SONABEL, la société d’électricité, pour acheminer une extension de la ligne électrique pour fin 2021 au départ de la localité de Gana, située à quelques kilomètres à l’est de Pissi. Ceci profiterait bien sûr aux sections existantes du CEBNF qui pourraient enfin disposer de l’outillage électrique absolument nécessaire de même qu’aux deux nouvelles sections, consommatrices aussi d’électricité.  Cet approvisionnement en électricité ne serait pas limité au CEBNF mais serait étendu aux autres écoles de l’entité, ainsi qu’au dispensaire et à la maternité.
Le maire signalait aussi vouloir procéder à une modification de la dénomination du CEBNF en « Ecole des Métiers » pour revaloriser ce type d’enseignement qui avait pris à la longue la connotation de filière de relégation.
Lors de leur visite au CEBNF, Paul Calus et Roland Moens ont pu constater le regain de dynamisme et d’attrait des formations en cours avec, par exemple, 60 apprenants en section couture qui ont conçu et réalisé leur propre uniforme et dont un des formateurs actuels est lui-même issu de cette section.
 
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